Chasse à la Palombe / Bilan de la saison 2016

 

L’Irlande a subi pendant la majorité de l’hiver 2015 et le début du printemps 2016 une météo exécrable. Des pluies quasiment incessantes ont crée d’énormes inondations dans la vallée de la Suir.

C’est donc avec une certaine anxiété que j’attendais la saison palombe 2016. Heureusement, mes craintes s’avérèrent ne pas être fondées et le nombre d’oiseaux présents sur mes territoires à la fin du printemps s’avéra très encourageant pour la saison de chasse à venir. De plus, les palombes sédentaires profitèrent de cette fin de printemps clémente pour réussir leurs 2 premières couvées. Un autre bonus appréciable fût que les cultures, elles aussi apprécièrent la douceur printanière ce qui permit aux agriculteurs locaux de commencer à moissonner des champs d’orge 15 jours plus tôt qu’à l’ordinaire.

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N’organisant chaque année des chasses palombes que du début-juillet au 21 août, cette moisson précoce s’avéra être une aubaine pour mon premier groupe de chasseurs qui réussirent très bien sur les appelants sur les premiers chaumes d’orge dès le début de la deuxième semaine du mois. Néanmoins,il est intéressant de noter, qu’une fois encore ce sont sur les champs non encore complètement moissonnés et sur ceux où les céréales avaient été  couchées par les forts vents d’orage que les tirs nettement plus sportifs furent possibles sur des oiseaux volant plus vite et plus haut que ceux qui descendaient sur les formes.

Mon premier groupe de clients, des Languedociens très sympathiques ont apprécié la beauté des sites de chasse de cette belle région du Sud du Comté du Tipperary présentant des biotopes parfaits pour les palombes sédentaires. Beaucoup d’oiseaux sur les champs d’orge qui servaient depuis plusieurs semaines de garde-manger pour les palombes sédentaires et de nombreux autres sur les colza presque matures ont permis à ces clients d’obtenir des résultats qu’ils ont jugés suffisamment positifs pour envisager sérieusement de revenir chasser chez moi en 2017.

Mon deuxième groupe a lui aussi bien réussi en chassant à nouveau en majorité sur les chaumes d’orge mais aussi sur les champs de colza, qui, bien que n’étant pas encore moissonnés, commençaient à intéresser sérieusement les ramiers locaux sur la fin du mois de juillet et au début du mois d’août. Curieusement, jusqu’alors, il n’y avait peu ou pas pas d’activité sur les champs de petits-pois. A cette période, les oiseaux n’étaient présents sur ces légumineuses qu’aux heures très matinales et de ce fait, ne causaient que très peu de dégâts sur ces cultures. La raison de ce manque d’intérêt sur une culture que les palombes privilégient généralement est probablement due au fait que les petits-pois durent être semés nettement plus tardivement qu’à l’ordinaire.

Mon troisième groupe de chasseurs s’est régalé sur les chaumes de colza. Les oiseaux s’étaient enfin regroupés en vols nettement plus importants et les journées venteuses ont permis aux chasseurs présents de faire de jolis tableaux sur des palombes volant vite et haut. Mon dernier groupe a partagé ses journées entre les chaumes de colza et les champs de petits-pois non encore moissonnés le 14 août. J’ai donc, cette année, terminé ma saison sans avoir chassé avec mes clients sur les chaumes de petits-pois qui sont généralement extrêmement productifs. De nombreux oiseaux ont donc profité de cette trêve pour faire une dernière couvée (la 3ème cette année pour la majorité des couples) et à l’heure où j’écris ces lignes (28 novembre 2016) il y a une densité étonnante de palombes migratrices qui se son déja sédentarisées dans la vallée de la Suir car, cette région est un peu  » la Beauce Irlandaise »  » et la table semble y être toujours mise » pour ces oiseaux au goûts alimentaires particulièrement éclectiques.

Je n’ai jamais organisé de chasse à la palombe en hiver car je suis convaincu que le futur de la chasse de cet oiseau en Irlande,comme partout ailleurs, doit passer en priorité par une gestion intelligente des ressources cynégétiques locales et bien que la palombe soit classée comme nuisible par la législation irlandaise, il n’en reste pas moins vrai que ce bel oiseau  mérite au minimum de mourir grâce à un beau coup de fusil et non de se faire massacrer par des viandards qui n’hésitent pas à les tirer à 10 m alors qu’ils se posent sur des appelants ou des tourniquets. Que ce soit au tir au col, à la passée, à l’affût ou en palombière toutes les chasses à la palombe sont belles lorsqu’elles sont pratiquées avec une éthique solide et un respect total du gibier recherché. Mes clients, dont beaucoup d’entre-eux reviennent me voir régulièrement l’ont compris et adhèrent totalement à cette philosophie de chasse que j’applique sur mes territoires en Irlande depuis 30 ans déjà…

A ce sujet, je tiens à préciser aux chasseurs qui seraient intéressés pour venir découvrir en 2017 la chasse à la palombe à l’affût sur mes territoires dans le Sud de l’Irlande que je n’accepte que 4 groupes de chasseurs par saison et que j’ai déjà 2 réservations fermes pour 2017.

Aussi, si vous êtes tentés, je vous recommande de me contacter rapidement, soit par courriel jeanlouptrautner@gmail.com ou,mieux encore, par téléphone (de France) 00 353 86 817 60 55

Dans l’attente, je profite de la publication de ces nouvelles pour vous souhaiter une bonne saison de chasse en France mais aussi d’excellentes Fêtes de Fin d’année et qui sait, peut être à bientôt le plaisir de faire votre connaissance

Cordialement

Jean Loup Trautner

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Publié dans Chasse Palombes Irlande

BILAN DE LA SAISON TRUITE-SAUMON 2016 sur la SUIR

img_2382L’hiver 2015 ayant été témoin de crues énormes pendant plusieurs semaines, ce n’est donc pas sans une certaine inquiétude que nous avons attaqué la saison truite-saumon 2016. Ce soucis légitime concernant le bien-être de la micro-faune et des alevins de truite et de saumon présents dans la rivière s’est heureusement avéré très rapidement injustifié. En effet, au fil des premières semaines du printemps irlandais, mes clients se rendirent vite compte que la Suir n’avait pas souffert outre mesure de ces sévères inondations.
Bien au contraire la saison truite a été exceptionnelle cette année. Non seulement, l’important cheptel truite de la suir n’a pas souffert mais on a noté à nouvel accroissement très sensible de la taille moyenne des prises effectuées. Ceci s’explique probablement en partie par l’augmentation continuelle des populations d’écrevisses européennes présentes dans la rivière et dont les grosses truites, les hérons et les loutres semblent être particulièrement friands!… Qualité et quantité sont donc à nouveau en hausse sur la Suir et les chiffres le prouvent:
  • Saison Truite:

Truite Record de l’année: un mâle de 72cm pour 4,5 kg pris à la nymphe et de nombreux poissons dépassant les 60cm furent pris tout au long de la saison. Les niveaux d’eaux souvent bas pendant pratiquement toute la saison expliquent aisément que les grosses truites furent prises en mouche sèche plutôt très tôt le matin et bien souvent à la nuit tombante. La pêche étant autorisée 24h sur 24h en Irlande les lève-tôt et les couche-tard furent bien souvent récompensés de leur assiduité. Pendant les journées trop ensoleillées ou trop venteuses, la pêche « à la roulette » avec 3 nymphes s’avéra particulièrement efficace dans les courants et dans les zones ombragées. La pêche en nymphe à vue, difficile sur la Suir, donna de très bons résultats sur ses affluents. La pêche « en noyée » elle aussi a donné d’excellents résultats pour ceux qui avaient prévu d’emporter plusieurs types de soies (flottante, à pointe plongeante, intermédiaire, S2 ou même S4) indispensables pour présenter les artificielles au niveau où les truites se tiennent dans la rivière (encore merci à Jean-Louis Pelletier de m’avoir initié aux finesses de cette pêche…).

La pêche en sèche fut particulièrement prolifique de la mi-mai à la fin juillet. Pendant cette période, les olives à ailes bleues (sub-imagos,imagos et spent), la fameuse BWO, les olives pâles, les simulies et plusieurs espèces de phryganes donnèrent les meilleurs résultats. La pêche au mois d’août fut plus modeste car la rivière était à son niveau le plus bas et les truites étaient devenues très méfiantes. En septembre, la pêche pendant la journée fut bonne lorsque le vent n’était pas trop fort, ce qui arrive souvent en Irlande à l’approche de l’équinoxe. Il est intéressant de noter que de fort belle truites (certaines de 50cm et +) furent capturés par plusieurs pêcheurs de saumons à la mouche…
Pour les pêcheurs aux leurres, cette année les petits rapalas furent à l’honneur (en particuliers les modèles imitation truitelles) mais de nombreux poissons furent aussi tentés par des Mepps et des ondulantes bien présentées. Comme à l’accoutumée, la pêche au toc a donné (ver seulement) d’excellents résultats pratiquement tout au long de la saison.
Fidèles à leurs habitudes saines mes clients remirent à l’eau 95% de leurs captures ce qui explique aisément que mes parcours offrirent à nouveau le meilleur sport sur la rivière Suir cette année.
  • Saison Saumon:
Le manque de précipitations suffisamment importantes pour engendrer de petites crues entre mai et août a rendu la pêche du saumon à la mouche délicate pendant une bonne partie de la saison. Néanmoins, à chacune de ces légères montées d’eau périodiques un bon nombre de saumons décidèrent de commencer leur remontée dans la Suir. N’ayant qu’une trentaine de km pour atteindre la majorité de leurs affluents de reproduction, ils ont tendance à rester longtemps dans les pools de la basse-Suir en aval de la ville de Clonmel. C’est pourquoi, pour pouvoir réussir de mai à juillet au saumon sur la Suir, il est essentiel d’avoir accès à des parcours proches de la limite de la marée. J’ai la chance d’en gérer 2 totalisant 7km de rives et c’est là que l’essentiel des prises du début de saison furent effectuées par mes clients.
Saumon Record de l’année: Une superbe femelle de 21 livres pris avec une ondulante Orkla en fin de crue. Le record mouche est un 20 livres pris avec une « Silver Stoat Tail ». Moins de poissons entre 15 et 20 livres pris cette année, ceci est probablement dû au niveau très bas de la rivière pendant une grande partie de la saison. Les « Castillons » sont eux aussi montés plutôt tardivement (mi-juin) mais ils se sont montrés très « mordeurs » malgré les conditions de pêche loin d’être idéales. Mai a été le mois des « gros saumons » mais, curieusement cette année, bon nombre de mes clients subirent beaucoup plus de décrochages prématurés que d’habitude. Cette tendance (frustrante) continua d’ailleurs pendant une bonne partie de la saison. Personnellement, montant des petits émerillons (Pezon &michel Micro S) sur mes hameçons (voir photos sur mon site), j’ai beaucoup moins souffert de ce problème que quelques uns de mes amis pêcheurs.
Plusieurs points extrêmement positifs sont très encourageants pour le futur de la pêche au saumon sur la Suir:
  • De nombreux tacons et smolts furent capturés et relâchés sans dommage pendant toute la saison par les pêcheurs de truite à la mouche. Ceci confirme l’excellent frai de ces salmonidés dans les affluents de la Suir pendant l’hiver 2015/2016
  • Le nombre de cormorans présents sur la rivière est en diminution notoire et celui des loutres est en sensible augmentation (leurs présences témoignant de la superbe qualité de l’eau de la Suir). Ces dernières se nourrissent désormais quasi exclusivement d’écrevisses européennes ce qui est définitivement une bonne nouvelle pour la population de truite et saumons juvéniles de la rivière qui constituaient jusqu’alors l’essentiel de leur alimentation.
  • 2016 a été témoin d’un plus grand nombre de prises de truites de mer que d’habitude sur mon parcours en aval de Kilsheelan (la plus grosse faisant 1,2 kg).
Conclusion:
Sans avoir été une année mémorable, 2016 a néanmoins été satisfaisante pour la majorité de mes clients. Certains ont déjà réservé leur place pour 2017 et c’est bon signe! A l’heure ou j’écris ces lignes plusieurs vagues de gros reproducteurs (saumons) ont été observées à la passe à saumons de Clonmel et les gros reproducteurs truite sont déjà en couples sur les meilleures frayères dans les affluents de la Suir. En 4 mots « l’enfant se présente bien  » donc pour la saison 2017 et les suivantes!
Un dernier conseil:
Si l’aventure Truite ou Saumon vous tente sur la Suir en 2017, contactez-moi rapidement par téléphone au 00 353 86 817 60 55 ou bien par courriel à: jeanlouptrautner@gmail.com ou jeanlouptrautner@eircom.net car, comme chaque année, les places disponibles vont être limitées.
Sachez-aussi que 2017 marquera le trentième année d’existence de mon Organisation de Pêche Truite-Saumon sur la rivière Suir! Donc, comme il se doit… »Happy Birthday to me »!
Cordialement
Jean Loup Trautner
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Les mouches à truites de Tom POWER

Cela fait désormais 40 ans que je pêche la Suir et 28 ans que j’ai le bonheur de gérer de superbes parcours privés sur la rivière Suir dans le Sud-Est de l’Irlande. Au fil de ces longues années, j’ai eu le plaisir de rencontrer un bon nombre d’excellents moucheurs parmi ma clientèle, j’ai même côtoyé parait-il et sans m’en rendre vraiment compte…de nombreux champions de lancer… mais je dois néanmoins avouer que rares sont ceux qui pourraient rivaliser avec Tom Power, un Irlandais, boucher par profession, pêcheur par passion et vivant sur les bords de la Suir depuis 50 ans. Il est de loin le meilleur pêcheur de truite et de saumon que j’ai eu l’honneur et le plaisir de rencontrer en Irlande. Modeste, malin et discret comme tous les bons pêcheurs et, contrairement à beaucoup d’autres fines cannes, nullement avare de conseils judicieux et, chose encore plus rare de nos jours, allant même jusqu’à partager ses mouches avec mes clients lorsqu’ils ont du mal à trouver la bonne artificielle pour leurrer les truites sauvages de la rivière.

En ce début de saison, j’ai donc pensé que ce serait une bonne idée de présenter une sélection des 7 mouches dont Tom se sert pratiquement exclusivement pour pêcher la truite pendant toute l’année sur la Basse-Suir. Vous remarquerez, en découvrant ces artificielles que vous avez probablement au fond de vos innombrables boites des modèles très similaires dont vous ne vous n’êtes probablement jamais servi. Si ce n’est pas le cas et que vous vous apprêter à venir découvrir la rivière SUIR, fameuse pour la qualité et quantité du cheptel truite qu’elle abrite, je vous conseille fortement de vous diriger sans plus tarder vers votre étau et de monter en priorité les mouches ci-dessous :

1.   Cherchant à imiter une émergente de phrygane Tom monte cette mouche en fixant un morceau de mousse orange en tête de l’artificielle ce qui permet  à ce modèle d’avoir une excellente flottabilité et aussi une visibilité nettement accrue très appréciable pendant les longs « Coups du soir Irlandais ». Cette mouche est aussefficace montée avec une mousse jaune fluo en tête, elle est alors connu localement sous le nom bizarre de « Honda 50 »?. Ce modèle est très utilisé sur les rivières du sud de l’Irlande pendant les éclosions massives de phryganes (sedges) généralement de la mi-mai à la fin-août. A monter sur hameçon de 12 à 18 car la Suir abrite de nombreuses espèces de phryganes d’une taille pouvant varier de près de 3cm jusqu’à quelques millimètres de long. (Indispensable sur la Suir)

2.    Modèle très similaire représentant la même phrygane que précédemment mais cette fois-ci sortie de son exuvie et prête à s’envoler de la surface. Ces éclosions, souvent impressionnantes sur la Suir, se produisent à la nuit tombante sur la rivière (entre 22h et 23h et même souvent plus tard…la pêche de nuit est autorisée en Irlande) et une fois encore la visibilité et la flottabilité accrue de cette mouche permettent donc souvent de capturer les plus beaux poissons de la saison. (hameçons 12-16).

3.   Tom à l’habitude de toujours rester très tard sur la rivière, il n’est donc pas étonnant que ce troisième modèle soit encore une imitation d’une émergente de phrygane marbrée. Une fois encore on remarquera la simplicité du modèle sans hackle qui est
est conçu pour pêcher dans le film de la surface. Contrairement aux deux mouches précédentes, ce modèle est difficile à repérer sur l’eau et demande de ce fait une excellente technique et un pouvoir de concentration important pour être efficacement utilisée. (hameçons 12-16) Peut être remplacée par des Peutes (tailles 12-18)

4.   Le quatrième modèle cherche aussi à représenter une phrygane. Néanmoins le montage est plus traditionnel que les précédents. Avec son hackle en coq rouxet ses ailes en cul de canard gris foncé cette artificielle cherche à imiter les phryganes cannelles qui foisonnent le soir sur la Suir en juin et juillet. Montée avec un cul de canard noir elle imite parfaitement la phrygane noire qui elle aussi est abondante sur la Suir. hameçons 12 à 16)


5.   La mouche reine du printemps et de l’été Irlandais est la fameuse BWO (Blue Winged Olive/ l’Olive à aile bleue). Montée ici avec un hackle gris monté en parachute et une aile montée « en chignon » en cul de canard gris clair (imitant le sub-imago),
ette mouche passe-partout est un « Must » dans votre boite et vous sera quasiment indispensable pendant toute la durée de votre séjour Irlandais. Montez cette artificielle sur des hameçons de petites tailles (16 à 20) car, sur la rivière Suir, vous prendrez 90% de vos truites avec de très petites artificielles préférablement peu fournies.

6.    La version de l’Olive à ailes bleues imago no-hackle de Tom est très dépouillée (corps fin en fil de montage rouge vif, aile montée vers l’avant en poils de chevreuil) et bien qu’elle soit très efficace elle est néanmoins relativement difficile à voir sur l’eau au crépuscule. Heureusement, en contre-partie, elle à l’avantage certain d’être prise quelle que soit la façon dont elle tombe sur la surface de l’eau. C’est d’ailleurs curieux qu’un grand nombre de « moucheurs » soient particulièrement obnubilé par une pose bien droite de leur artificielle sur la surface (comme des voiliers participants à la Coupe Vuiton…comme disait l’autre…) alors que, s’ils penchaient plus souvent la tête et observait la surface de la rivière avec plus de précaution, ils remarqueraient vite que la grande majorité des insectes descendant le courant lors d’une éclosion sont plus souvent « empégués » dans le film de la surface que dérivant au « garde à vous » avec les ailes bien verticales. Tom prétend seulement suggérer avec ses artificielles plutôt qu’imiter fidèlement. Une philosophie à laquelle j’adhère totalement. (Hameçons 16-18).

7.    La mouche probablement la plus importante dans votre « Boite à mouches Suir ». Un montage spent de l’olive à ailes bleues qui cherche à imiter l’insecte mort ou mourant après la ponte, les ailes écartée à 180° à plat dans le film de la rivière( corps en soie de montage rouge, petit hackle de coq gris clair ou beige, aile horizontales en Z Lon blanc ou en fibre de Cul de canard blanc). Ces proies inertes et donc faciles à intercepter font les délices des truites de la Suir vers le milieu du coup du soir en fin de printemps. Montez une autre mouche et vous vous sentirez très vite totalement humilié par les dizaines de gobages à portée de votre canne mais jamais sur l’artificielle que vous aurez choisie…Choisir cette spent de BWO devient donc rapidement une nécessité si l’on veut éviter une cuisante bredouille alors que la rivière semble être quasiment en ébullition…Néanmoins, étant pratiquement toujours utilisée « entre chiens et loups » et étant très peu visible à la surface, cette mouche demande une concentration totale et un ferrage mesuré et même souvent totalement intuitif. Totalement Indispensable. (Hameçon 18).

8.    Pour terminer, une petite mouche noire dont Tom se sert pendant la journée pendant les éclosions de petits diptères, de gnats et de fourmis et autres petits coléoptères noirs. la petite aile verticale rouge est pour aider la visibilité de ce modèle par temps maussade (fréquent en Irlande…). Tous vos petits moucherons, altières et toutes « merdouilles »noirs qui hantent vos boites à mouches feront aussi parfaitement l’affaire dans ce cas là.

Un point important à remarquer au passage dans cette description…des mouches ultra-banales et même souvent d’une simplicité extrême utilisées par un pêcheur d’exception…Comme quoi, l’excellence d’un montage ne remplacera jamais la connaissance intime d’une rivière alliée à une technique sans faille… Qu’on se le dise!

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Les mouches de F. Rencurel

DSCF2248Fabrice Rencurel, un jeune pêcheur globe-trotter fort sympathique a découvert la rivière Suir par chance comme il l’explique fort bien dans la vidéo qu’il a réalisée il y a quelques années et qui est accessible en cliquant sur ma photo sur la page d’accueil de ce site. La chance semble d’ailleurs sourire régulièrement à ce “ saumonier Grenoblois” et ses débuts sur la Suir ont été quasiment inespérés.

Relativement inexpérimenté au saumon à l’époque (aux innocents les mains pleines…c’est bien connu), il a eu la bonne fortune d’arriver sur la rivière sur une fin de crue automnale et de pouvoir, de ce fait, profiter de conditions de pêche idéales pour pêcher le saumon à la mouche.

Pêchant méthodiquement avec une assiduité et une constance louables et favorisé par son 1.90m qui lui permit de pêcher aisément et efficacement tous les “bons postes à saumons” de mes parcours de la Basse-Suir, il a brillamment capturé à la mouche (et remis à l’eau) 20 saumons (frais et résidents) en 10 jours de pêche au mois de septembre 2007…

A ce jour, il détient d’ailleurs toujours le record des saumons capturés chez moi depuis l’ouverture de ma Pêcherie en 1987. Dès lors, surnommé par ses amis « Blue Charm » suite à ses exploits, et désormais atteint d’une Saumonite Irlandaise incurable, il revient régulièrement tous les 2 ans pêcher cette rivière qu’il affectionne particulièrement (on se demande pourquoi?) et, si mes souvenirs sont bons, certains de ses résultats ont été plus modestes (8 saumons en 2009, 5 en 2011, et une ou deux bredouilles en prime…) ce qui n’étonnera guère les habitués de la pêche au saumon.

Il est toutefois essentiel de rester honnête, de garder les pieds fermement ancrés sur le lit de la rivière et de bien préciser que ce genre de score au saumon est plus l’exception que la règle sur les rivières à saumons Irlandaises et sur la grande majorité des autres rivières à saumon européennes.

Voici la description des mouches que Fabrice utilise en priorité sur la Suir:

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1.  Blue Charm: Cette mouche est une véritable classique et un choix incontournable pour tout saumonier qui se respecte. La création de cette artificielle a été attribuée à Colin Simpson, un britannique, déjà un expert monteur dès l’âge de 15 ans et suivant de ce fait l’exemple de son père Alex qui était lui-même un monteur de mouches professionnel. Depuis sa création, la popularité de cette mouche ne s’est jamais démentie. Elle a traversé les frontières et il serait désormais presque criminel d’aborder la Miramichi au Canada sans une bonne provision de ce modèle dans sa boite à mouche. Cette mouche s’avère très efficace par temps sombre et pluvieux et je la trouve personnellement particulièrement prenante en début de matinée (entre 6 et 10 h du matin) avant que le soleil (pas vraiment un problème majeur en Irlande…) cale les poissons au fond des pools.Tailles recommandées par Fabrice (il a pris 18 de ses 20 saumons avec une Blue Charm…) du 6 au 10, avec une préférence marquée pour les n° 8-6. Il utilise aussi une petite variante à la silhouette plus légère (aile moins fournie) montée  sur des hameçons argentés type Salar de chez Partridge si les eaux sont un peu trop basses. Cette artificielle semble aussi être prenante quand le niveau est un peu haut. Par eaux vraiment hautes, un montage tube-fly avec corps en laiton et utilisée avec une shooting-head donne aussi des résultats souvent encourageants.

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Je conseille aussi de monter des « Green Charm » (voir photo incluse) en utilisant un hackle de gorge vert chartreuse. ce modèle m’a permis de capturer mon premier saumon de printemps de la saison 2016 (début mai/18 livres).

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2.  Silver Stoat : Modèle à la fois efficace pour le saumon et la truite de mer. Les castillons (nommés Pale en Irlande et Grilses en Grande-Bretagne) fraichement remontés la trouvent souvent irrésistible surtout en petite taille (8-10). Cette mouche claire pêche mieux par temps clair à ensoleillé et on peut encore l’améliorer en ajoutant des joues en coq de jungle.

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3.   Black Pennel : Initialement crée pour la pêche de la truite fario (brown trout) par le pêcheur et naturaliste H. Cholmondely Pennel dans les années 1860, ce modèle eu un succès immédiat sur les lacs écossais. Plus tardivement, elle prouva être très efficace sur les truites de mer et sur les saumons atlantique. C’est généralement lorsque les conditions météorologiques sont défavorables ou bien lorsque que les eaux sont très basses et que toutes autres mouches ont lamentablement échoué que Fabrice se décide à utiliser ce modèle monté généralement sur des hameçons de 10 ou même de 12. Parfois une « sauve-bredouille » mais toujours « la mouche de la dernière chance » sur la Suir.

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4.  Mouche Bretonne type Henri Clerc : Pour les milieux de pools lents, Fabrice n’a pas trouvé mieux. La plume de paonne nage très bien malgré le manque de courant et des petits coups de scion ou des petites tirées pendant la dérive donnent de la vie à cette artificielle qui peut alors tenter un saumon alors qu’ils sont généralement peu enclins à intercepter une artificielle dans ces « eaux molles ». A utiliser en taille 8 et à monter en couleur brun foncé.

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5.  Gros Sedge Pardo : En fin de journée, en désespoir de cause Fabrice monte parfois un sedge pardo marron foncé en hameçon de 8. Choix bizarre me direz-vous? Mais pas tant que ça, car c’est cette mouche qui lui a permis de capturer son premier saumon en Bretagne, il y a une quinzaine d’années. Et, curieuse coïncidence, j’ai moi-même pris mon unique saumon en sèche sur la Suir aussi grâce à une grosse phrygane!!!

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Les Border-Liners de Jean Jacques Chaumet

Ce deuxième article traitant des mouches de mes  » habitués saumon » est en quelque sorte un complément d’information du premier. En effet les mouches présentées ci-dessous sont celles de Jean-Jacques Chaumet, l’ami et le compagnon de pêche de Guy Bourbon depuis toujours.

irlande 08 2014 011-1Jean-Jacques, « Saumonix » pour les intimes, ancienreprésentant de commerce chez Sensas a été pendant
des années un « Grand » de la pêche au coup en France et puis un jour il décida de s’essayer au saumon et il fut rapidement ateint d’une « Saumonite aigüe », une maladie mal connue et heureusement incurable qui afflige bon nombre de pêcheurs qui décident un jour de s’essayer au saumon atlantique. Depuis lors il traîne régulièrement ses waders en Ecosse, en Norvège et, depuis une quinzaine d’année sur mes parcours sur la rivière Suir dans le Sud de l’Irlande qu’il connait désormais intimement. Pêcheur infatigable, excellent lanceur, méticuleux et puriste à l’extrême c’est toujours une joie de le voir vivre sa passion avec une telle intensité au bord de cette rivière.

L’essentiel de sa boite à mouche Suir coïncide avec celle de Guy Bourbon. Néanmoins, quand les conditions de pêche sont délicates et que les poissons boudent, il utilise alors des modèles moins traditionnels que certains « saumoniers britanniques » dénomment les « Border Liners ». Ce mot anglais, difficile à traduire en français sans en changer le sens propre se rapproche le plus du mot français « marginal ». Et, c’est cette non-conformité qui explique peut-être leurs succès lorsque les mouches plus conventionnelles ont échouées.

Au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses lectures, Jean-Jacques  a adopté des artificielles de spécialistes réputés de la pêche du saumon à la mouche et puis, devant son étau, il les a  » Chaumetisées  » à sa guise. Ses résultats, souvent très encourageants sur la Suir alors que d’autres souffrent…ne sauraient lui donner tort…

Voici 4 de ses « Border Liners » et ses raisons pour les utiliser:

1 Orange’n orange :

Orange'n Orange A utiliser par eaux basses et claires, ou en fin de crue, capable de décider un poisson frais monté, qui n’aurait pas été séduit par une des mouches plus classiques, et que l’éclat des coloris peut faire craquer.
Taille 8 à 12. Probablement cherchant à imiter une crevette, cette mouche est aussi souvent très bien acceptée par les castillons (Madeleineaux dans certaines régions de France, Pale en Irlande, Grilse en Ecosse ) qui remontent la Suir dès le mois de Mai.

2 Brown shrimp :

Inspirée par un Brown_Shrimpmodèle Irlandais présentés par Peter O’Reilly, l’un des écrivains halieutique Irlandais les plus connus, cette mouche relativement terne est à essayer au coucher du soleil, et semble efficace sur les « poissons résidents ».

3 Façon Green H cone head :

Façon_Green_H_Cone_Head
Les eaux fortes ne rebutent pas Jean-Jacques et ce modèle flashy semble lui réussir même par eaux troubles. A utiliser avec des shooting plongeantes (S1/S2, ou S2/S3), avec un bas de ligne court (1m20)

4 Posh tosh cone head : 

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Une grande Classique, initialement développée par l’Ecossais Iain Wilson pour la pêche des saumons de printemps sur la rivière Tweed dans des eaux teintées, cette artificielle est  aussi un bon choix par eaux claires, hautes et froides. Elle s’avère très prenante pêchée très près du fond à l’aide de shooting heads (S1/S2 ou bien S2/S3) et avec des bas de ligne plutôt courts (maximum 1.20m) comme la précédente.

Jean-Jacques nous précise que sans être la panacée ces Cone Heads qui commencent peu à peu à révolutionner la technique et les tactiques de la pêche de bon nombre de saumoniers vous permettent de présenter votre mouche plus profondément et d’atteindre ainsi plus aisément les saumons boudeurs collés au fond de la rivière.

Les avantages de ces artificielles lestées sont les suivants:

  • Le poids en tête de la mouche (le cône) équilibre le poids de l’hameçon et la mouche pêche donc bien longitudinalement même dans les courants faibles et ceci favorise une présentation plus correcte de votre artificielle.
  • L’adaptation du poids des cônes et des shootings heads permet d’atteindre plus aisément le fond de la majorité des pools et donc d’avoir une artificielle pêchant directement sur les saumons « au poste ».
  • La grande variété des matériaux synthétiques trouvables désormais pratiquement partout (Krystal Flash, Mirage, Pearl Mylar etc.) permet de créer des mouches très fournies et très attractives sans avoir à s’inquiéter du noeud de tête final puisque celui-ci est recouvert par le cône de tête.
  • Ce type de mouche (comme les tube-flies ) permet de choisir la forme et la taille de l’hameçon (double, triple, simple, simple sans ardillon pour les rivières en No-Kill etc.) en fonction de ses préférences.
  • Lorsqu’un saumon est ferré, le corps de la mouche a tendance à remonter sur le bas de ligne ce qui diminue les chances de décrochages.

Les désavantages de ce type d’artificielles sont les suivants:

  • Le montage de ces mouches est souvent fastidieux et pénible et généralement légèrement plus complexe que le montage d’une mouche traditionnelle.
  • Le lancer (surtout le spey-cast) est un peu affecté par le poids de ces artificielles et il demande un niveau de concentration plus soutenu de la part du pêcheur.

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Jean-Jacques, comme un nombre grandissant de pêcheurs éclairés a compris que tout le monde n’a pas la chance de vivre sur les bords d’une rivière à saumon et d’être sur les pools lorsque  « le robinet est ouvert »…Malheureusement, la plupart des pêcheurs de saumon Français doivent désormais quitter l’Hexagone pour vivre leur passion et lorsque l’on voyage à des dates réservées à l’avance, il est toujours possible d’avoir à faire face à imprévisibilité climatique du Nord de l’Europe (Irlande, Ecosse, Norvège,Islande) qui peut à tous moments changer les données d’un problème déjà complexe… garnir votre boite à mouche de quelques Cone Heads vous permettra d’être moins tributaire des caprices de la météo et aussi d’ajouter une autre corde à votre arc qui pourra peut-être un jour vous permettre de faire la différence et vous éviter une cuisante bredouille toujours possible au saumon…

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Février 2016 Une Mouche, Quelle Mouche?

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Pour le pêcheur de saumon à la mouche découvrant de nouveaux parcours saumon sur une nouvelle rivière, la question rouge semble être toujours “quelle mouche choisir?”.Et malheureusement, Il n’y a pas toujours un pêcheur du coin bienveillant pour vous donner des conseils éclairés…et pas souvent non plus un Pub dans le voisinage pour lui délier la langue…

Aussi, afin de vous éviter ce dilemme et de faciliter au maximum le choix des artificielles à mettre dans vos boites si vous vous apprêtez à venir pêcher la Suir, je pense que la formule la plus simple et la plus efficace est de vous présenter dans mes prochains articles-saumon les mouches utilisées par mes clients les plus expérimentés. La plupart d’entre eux reviennent chaque année pêcher sur mes parcours qu’ils connaissent désormais intimement et leurs expériences acquises au fil de leurs séjours de pêche vous seront précieuses et, ajouter dans votre boîte quelques unes de leurs mouches aux côtés de vos favorites avant votre départ pour l’Irlande sera définitivement une idée fort judicieuse.

Les mouches présentées dans cet article ont été montées par Guy Bourbon, “Bizounours” pour les intimes. Cet Auvergnat de pure souche que j’ai le privilège d’avoir comme ami est l’un des pêcheurs les plus talentueux que j’ai eu le plaisir de rencontrer au bord d’une rivière. Son sens de l’observation, sa ténacité et sa persévérance, son constant désir d’apprendre et d’améliorer ses connaissances concernant ce poisson fantasque allié à une technique de lancer désormais sans faille sont les raisons pour lesquelles il semble être pratiquement toujours capable de sortir son “épingle du jeu” dans une pêche souvent frustrante et parfois cruelle.

 

Sa sélection personnelle est basée sur trois règles simples et logiques, si l’on peut se permettre d’employer ce mot en relation avec la pêche d’un poisson à l’humeur  capricieuse et bien souvent totalement imprévisible…

La première, « Temps sombre, mouche sombre, Temps clair, mouche claire » est la règle de base au saumon et la suivre est pratiquement toujours une bonne idée.

La deuxième, plus les eaux sont fines et basses, et plus la force du courant diminue, plus la taille des artificielles doit être réduite. Sur un pool à saumon typique, il n’est pas rare d’avoir à changer plusieurs fois de taille de mouche au fur et à mesure qu’on le prospecte vers l’aval. Il est donc important de créer ses artificielles en plusieurs tailles (4/6/8/10) et surtout en les montant beaucoup moins fournies dans les petites tailles (c’est l’idée des mouches “Low Water” des Britanniques).

Et enfin la troisième et sûrement la plus importante de toutes…pêchez avec des mouches qui vous plaisent. Si vous n’avez pas vraiment confiance dans l’artificielle que vous avez nouée au bout de votre bas de ligne vos résultats seront invariablement médiocres…

Voici donc les modèles dont Guy se sert pour pêcher mes parcours sur la Basse-Suir

Tout d’abord les plus classiques:

La Hairy Mary:

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les mouches bleues sont très prenantes sur la Suir, surtout en petites tailles (6, 8, 10). La Blue Charm qui lui ressemble est aussi un modèle efficace sur  cette rivière. Essentielle.

 

La Stoat Tail:

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Ce modèle bien connu et éprouvé sur un grand nombre de rivière à saumon est à utiliser en priorité par temps clair et eaux se réchauffant. Seul inconvénient, souvent pêchées en petites tailles, ces mouches sont souvent attaquées par les truites.

 

La Stoat Tail Silver: 

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Seul le corps en tinsel argenté et le long tag de queue argent la différencie de la Stoat Tail traditionnelle. Utilisée de préférence par temps ensoleillé et dans les têtes de pools, cette artificielle est un “must” dans votre boite à mouche et vous sera utile sur un grand nombre de rivières à saumon.

 

La Cascade: 

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Probablement la mouche la plus connue et la plus utilisée de nos jours. Revendiquée par beaucoup comme étant leur création…cette artificielle cherche probablement à imiter une crevette (le krill étant l’une des nourritures favorites des saumons sur leurs lieux de grossissements /Terre-Neuve, Mer de Norvège etc.).Bien acceptée par les Castillons (Grilse, Pale en Irlande) dès le mois de mai, elle est très prenanteen été, par eaux chaudes et basses lorsque les saumons ne s’intéressent à rien d’autre. La Cascade est la “mouche à la Mode” et de ce fait l’artificielle passe-partout de bon nombre de “saumoniers”.

ll est néanmoins important de préciser qu’un grand nombre de modèles similaires (Usk Grub, General Practioner,…) sont tout autant performants.

 

Ensuite une moins connue:

La Green Butt:

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Guy m’a fait découvrir cette mouche il y a quelques années et elle est désormais devenue l’une de mes favorites (tailles 4/6/8).Excellente par temps couvert, elle est à mettre en priorité dans votre boite à mouches si vous comptez pêcher la Suir. En règle générale, les mouches vertes telle la Green Highlander donnent aussi de bons résultats sur cette rivière.

 

Et pour terminer deux modèles personnels:

La Josinette: 

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Nommée affectueusement en l’honneur de sa charmante épouse, cette mouche avec un montage Low–Water assez terne et peu fournie est idéale lorsque la rivière est basse et la température de l’eau en hausse (tailles 8/10/12). Pêchée à l’aide d’une soie flottante et d’un fin bas de ligne (maximum 25/100ème) ce modèle pourra de temps à autres tenter un saumon boudanttous les autres modèles plus grands et plus fournis.

 

La Bizounours:

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Cette mouche déroutante par sa simplicité et son extrême sobriété semble être néanmoins très efficace quelles que soient les conditions du moment. La mouche passe-partout en quelque sorte..

“ On ne change pas une équipe qui gagne” dit-on…Pas étonnant donc que Guy n’utilise plus que ces mouches sur la Suir car elles lui ont souvent permis de capturer de superbes saumons et de se faire de “gros plaisirs” sur cette belle rivière souvent généreuse. Il sera là cette année fin mai-début juin, fidèle au poste et je  souhaite de tout coeur que 2016 le verra prendre le 20 livres dont il rêve…

Je sais que nous désirons tous être des artistes et des novateurs dès que l’on se mêt à l’étau et j’ai cru moi-même réinventer des dizaines de modèles infaillibles au fil des ans…toutefois, 45 ans de pêche au saumon à la mouche plus tard…j’ai finalement compris qu’une mouche, quelle qu’elle soit, qui dérive parfaitement dans un pool à saumon sera toujours nettement moins importante que le “saumon mordeur” qui y réside…

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BILAN DE LA SAISON TRUITE-SAUMON 2015

Cette année, et ceci pendant pratiquement toute la saison de pêche, la météo Irlandaise a été nettement défavorable. Contrairement à l’Europe continentale, où la canicule a sévi pendant de nombreuses semaines, les températures sur toute l’Irlande ont été anormalement basses pendant la majorité du printemps, de l’été et du début de l’automne. Le thermomètre a rarement dépassé les 13-15°C en mai, juin et septembre et et n’a atteint que rarement les 20°C pendant les mois estivaux. Qui plus est, pour compliquer l’affaire, un vent froid et souvent violent a ruiné un bon nombre de journée de pêche tout au long de l’année. Pour couronner le tout, la pluviométrie a été nettement inférieure à l’ordinaire et les niveaux bas et le manque de crues a contrarié la remontée des saumons à tel point que l’on a capturé des castillons frais après la crue du mois d’août alors que la majorité des prises de “Grilses” se font généralement en mai et juin. Tous ces éléments conjugués ont rendu la pêche sous toutes ses formes nettement plus difficile et plus aléatoire qu’à l’accoutumée. Une année donc loin d’avoir été un millésime pour les pêcheurs de saumon qui ont eu la malchance d’être présents sur la rivière pendant ces périodes peu propices à des résultats positifs. De mémoire de pêcheurs de saumon de ma région (Suir,Nore, Blackwater), 2015 a été l’année la plus médiocre depuis plusieurs décennies et d’après plusieurs de mes clients, les scores n’ont pas été fameux non plus sur la Moy, l’Erriff et la Laune.

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Restons néanmoins positifs et essayons de ne pas tomber dans la facilité en cherchant à blâmer le réchauffement de la planète (qui semble d’ailleurs avoir oublié l’Irlande…) ou quelqu’autre faillite de l’espèce humaine. En effet,
depuis mon installation en Irlande en 1977, nous avons connu d’autres périodes de “vaches maigres” bien souvent suivies par des années d’abondance. L’imprévisibilité est l’un des charmes de la pêche du saumon et c’est cette incertitude et la nature capricieuse et fantasque de ce poisson qui nous ramène chaque saison sur les pools avec des espoirs renouvelés.

Continuons à positiver et rappelons-nous que le frai de ce poisson a été excellent en 2014 dans tous les tributaires de la Suir et mentionnons aussi le fait, qu’à l’heure où je vous parle (début décembre 2015), la rivière est remplie de saumons attendant les premiers froids pour remonter se reproduire dans les affluents de la Suir comme l’Anner, la Nire, la Tar et l’Aherlow. Leur nombre important laisse espérer que 2016 et les années à venir seront plus prolifiques et la météo à venir plus généreuse. Cette année, La médiocrité relative des résultats n’a pas été spécifique à la rivière Suir, en effet, la disette s’est fait sentir non seulement sur toutes les rivières et les lacs d’Irlande mais mes clients m’ont pratiquement tous confirmé que leurs séjours en Ecosse et en Norvège avaient été eux aussi très décevants.

Le malheur des uns a fait le bonheur des autres. En effet, paradoxalement, les conditions peu propices pour le saumon ont nettement moins affecté les pêcheurs de truite sur mes parcours. Un bon nombre d’entre eux ont su retirer leur épingle du jeu et ont régulièrement capturé de fort belles farios sauvagesde la mi-mai à la fin-septembre. Une fois encore, les résultats obtenus par mes clients ont confirmé que la moyenne de poids des truites capturées dans la Suir est encore en augmentation. L’amélioration continuelle de la qualité de l’eau favorise la multiplication des écrevisses européennes. Présentes il y aquelques années que sur la Haute-Suir, elles ont désormais colonisé la basse-rivière jusqu’à 6 km de la limite de la marée. Ce petit crustacé d’eau douce est devenu la proie de prédilection des loutres et des hérons si bien que leur prédation sur les truitelles et saumons juvéniles est désormais nettement moindre. Les grosses truites semblent elles aussi les mettre sur leur menu ce qui serait sans doute une des explications plausibles à l’augmentation sensible de leur taille moyenne. De très beaux spécimens ont été une nouvelle fois capturés cette année et le record de la saison sur mes parcours a été un très beau mâle de 68 cm pris à la nymphe lestée.

Si les parcours en amont de Clonmel ont été égaux à eux-mêmes, mon nouveau parcours en amont de Kilsheelan s’est avéré être “Top Class” (aussi bien pour le saumon que pour la truite) et j’attends avec impatience le mois de mai pour y retourner la canne à la main et j’espère avoir le plaisir de vous y retrouver.

Cette année remplie de haine et de drames s’achève heureusement aussi je profite de ces “News” pour vous souhaiter ainsi qu’aux vôtres de Joyeuses Fêtes de fin d’année et bien sûr une superbe saison de pêche 2016.

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A bientôt pour les premières nouvelles de 2016 et aussi quelques articles en préparation.

Cordialement
Jean Loup Trautner

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